C’est quoi l’amour ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo.

Une question tellement vaste, simple et compliquée à la fois…
C’est quoi l’amour ?

Aujourd’hui, chers auditeurs, je vais me faire le porte parole, très humblement bien sûr, d’un grand philosophe contemporain, André Comte-Sponville, que j’ai eu le bonheur de rencontrer, la chance aussi, peut-être le privilège d’avoir comme intervenant ces derniers temps à Solvay en l’occurrence et il nous a délivré un cours magistral qui m’a énormément inspiré, impacté.
De quoi allons nous parler aujourd’hui ? De qui ?
De Platon, d’Aristote et de Spinoza. Donc surtout restez avec nous, ne vous enfuyez pas parce que je viens de citer trois philosophes. Vous allez voir, c’est plus simple que ces noms pourraient le laisser entrevoir.

Dans un ouvrage remarquable, “Le Banquet”, Platon, faisant parler Socrate, va nous expliquer ce qu’est l’amour.
Je vous la fait courte : l’amour c’est le désir, le désir c’est le manque.
Comblez le manque, le désir disparaît et l’amour le suit. Plus de désir, plus d’amour.
C’est intéressant, parenthèse, de se dire qu’aujourd’hui – je pense notamment à l’éducation que reçoivent les enfants, un auteur d’ailleurs avait écrit un ouvrage il y a quelques années qui s’intitulait, de mémoire, “nos enfants manquent de manque” – que nos enfants manquent de manque.
Et bien oui ! Parce que s’ ils n’ont pas le temps de vivre un manque, que vous l’avez déjà comblé ou anticipé et bien vous tuez tout désir.
J’avais même déjà dit à des jeunes couples qui convolaient en justes ou injustes noces : “Surtout, les amis, si vous voulez que votre couple dure, entretenez ce manque. Entretenez le !”
Comte-Sponville dira même : si votre mari vous dit, après 15 ans, “je t’aime comme au premier jour”, certes, c’est romantique mais c’est un pur mensonge.
Quant au désir, il est très intéressant de se référer ici à Aristote et à Spinoza.
Aristote, IVe siècle avant Jésus-Christ, Socrate, XVIIe siècle. On est alors en Hollande. C’est un juif émigré en Hollande. Spinoza, grand philosophe du bonheur, on peut le dire.
C’est amusant, comme à des siècles de distance, ces deux personnages hors du commun vont nous tenir à peu près le même langage.
Aristote nous dira: “le désir est l’unique force motrice “.
Quant à Spinoza, il se fend d’un: ” le désir est l’essence même de l’homme”.
Et c’est vrai. Si vous farfouillez dans votre mémoire, à quel moment avez-vous été capable de grandes choses, de vous surpasser ? Sûrement parce que vous étiez mû par un immense désir.
A quel moment avez-vous été capable de perdre du poids ? D’enfin vous mettre à ce sport alors que vous repoussiez, vous postposiez sans arrêt la date de cet abonnement à la salle ? Parce que vous étiez extrêmement amoureux.
Tomber amoureux, je parle du moment de la chute. Pendant la chute, vous êtes à peu près capable de tout tellement le désir est puissant.
Ce qui amène Comte-Sponville, carrément, à parler aux managers et aux marketeurs – moi je vais m’adresser à tout un chacun – et à dire au manager : “Vous êtes le professionnel des désirs de vos collaborateurs”.
Si vous êtes marketeur ou vendeur, vous êtes le professionnel des désirs de votre client.
Et moi je vous dis, chers amis, vous êtes le professionnel des désirs de l’autre.
Et ça fera l’objet d’une autre Minute du Coach.

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *