Archives par mois de publication: octobre 2020

L’audace : 4 axes pour oser

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo, bonjour chers amis auditeurs.

On va parler de l’audace, quatre axes pour oser.
“Goldorak Go !“. Tu nous as déjà donné quelques clés dans les Minutes précédentes.

Oui, j’en ai donné quelques-unes mais j’ai envie de revenir sur cette thématique qui est très importante.
Tu sais que je suis aussi artiste et un artiste, il se met en danger, il se met en abyme.

Il sort de sa zone de confort.

En permanence !
Et s’il n’en sort pas, rien de grandiose, jamais, ne se produira.
Or, je constate souvent que, autour de moi, les personnes ont des difficultés à se mettre en danger. On préfère le confort d’un canapé, d’une série sur Netflix plutôt qu’un livre, un peu plus rude d’abord, mais qui va me nourrir, qui va me permettre de grandir.
Et je pense qu’on confond souvent bonheur et lymphatisme.
Le bonheur, ce n’est pas forcément être sur une plage, les doigts de pied en éventail, avec un cocktail à la main que l’on sirote. En tous cas, ce n’est pas ma conception du bonheur. On pourrait gloser longtemps là-dessus.
Aujourd’hui, j’ai envie de revenir, une fois de plus, peut-être la dernière, quoique, sur des propos de Charles Pépin. Tu sais que ce philosophe m’inspire énormément, je lis beaucoup en ce moment. Il nous propose quatre axes pour oser, quatre axes pour l’audace.
Le premier, c’est d’accroître ses compétences parce que, ma foi, la confiance en soi, ça vient d’abord d’une maîtrise de compétences, d’un réel savoir faire.
Par exemple, je suis un grand fan de Roger Federer au tennis. Quand tu vois Federer décocher – je vais prendre un exemple un peu con – un coup entre les jambes, tu te dis : “Waouh ! C’est impressionnant !”.
Mais tu ne vas t’autoriser ce coup, complètement improbable, que parce que, précisément, tu as une immense maîtrise, une immense expertise du tennis.

Parce que tu t’appelles Roger Federer.

Oui. Djokovic le fait aussi. Il a la même maîtrise.
Et donc l’audace vient de ce que, avant tout, j’ai une immense compétence. C’est la première chose.
Le deuxième axe, c’est d’admirer l’audace des autres. Je voudrais vous lire une citation que, sûrement, vous connaissez tous déjà. Elle est de Mark Twain, dans Huckleberry Finn.

Et Tom Sawyer

Voilà ! Il nous dit :
“Tenez-vous à l’écart des gens qui freinent vos ambitions. Les petits esprits font toujours ça. Les grands, eux, vous font sentir que, vous aussi, vous pouvez devenir grand”.
Une personne admirable, elle est inimitable et elle est inspirante à la fois.
Ce qui est intéressant, quand je l’admire moi, c’est que finalement son histoire me raconte que j’en suis capable aussi.
Dans le sous-texte, elle me dit : “j’ose des audaces, ose-les à ton tour”. L’admiration, c’est vertueux.
Le troisième axe, c’est de ne pas être trop perfectionniste.
C’est Paul Valéry qui a dit : “Que de choses il faut ignorer pour agir”. Mais les perfectionnistes, eux, veulent tout savoir, tout maîtriser avant de passer à l’action.
Être audacieux, c’est agir, en minimisant les risques, bien sûr, mais en en prenant quand même.
J’avais un prof à Solvay qui nous disait, je vais le citer, c’était en anglais :
“High risk, high return. Low risk, low return. No risk, no return”
Autrement dit : “Haut risque, haut rendement. Faible risque, faible rendement. Pas de risque, pas de rendement” .
Les perfectionnistes, en gros, on peut dire qu’ils ne prennent pas de risques du tout.
Enfin – on a beaucoup évoqué l’échec ces dernières semaines – se souvenir, c’est le quatrième axe, que l’échec, sans l’audace, est terriblement douloureux.
C’était la cinquième condition pour qu’un échec soit vertueux. Il fallait qu’on ait osé, qu’on ait été audacieux sinon on serait face à une double peine. J’avais pris cet exemple d’une personne que tu rencontres en soirée, que tu n’oses pas aborder. Elle s’enfuit, elle s’en va, tu ne la reverras jamais : double peine
Je vous invite, chers auditeurs, à être audacieux, à oser l’audace.
La vie est éphémère, nous sommes finis. Je sais que vous le savez.
Intellectuellement, vous savez que vous êtes mortels, c’est sûr. Mais je ne suis pas certain que vous sachiez que vous allez mourir.
Quand on a cette conscience extrêmement aiguë, quand on a compris dans sa chair, dans chacune de ses cellules, que c’est peut-être tout à l’heure que ça s’arrête, alors, sûrement, on devient un peu plus audacieux et on vole avec les Aigles.

 

 

 

Qui allez-vous devenir ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo ! Bonjour à tous !

Le thème de la Minute du Coach de ce jour, c’est: “Qui allez-vous devenir ?”
J’ai un ami philosophe, qui est FormActeur, qui m’a toujours dit :
“On devient, ou on est, la somme des cinq personnes que l’on fréquente le plus”.

Oui, c’est une formule de Jim Rohn, un américain, aujourd’hui décédé.
Donc on doit soigner son environnement ! Attention à qui l’on côtoie, à qui l’on fréquente.

C’est ce que tu m’as toujours dit.

Oui, je suis convaincu que nous sommes le fruit de notre environnement. Et l’environnement, ce n’est pas que les personnes, c’est aussi une région, une culture, un ADN, des valeurs. Aujourd’hui, ce que je vous propose, c’est de retracer une façon de penser grâce à des philosophes.
Tout démarre avec Héraclite d’Ephèse, né en Turquie – la Turquie d’aujourd’hui – qui a eu cette formule restée célèbre : “un homme ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve”.
Héraclite, c’est un philosophe du devenir. C’est vrai que si tu te jettes dans la Sambre ou dans la Meuse. Tu en ressors. Quand tu t’y replongeras, mon cher Pablo, ce ne sera plus la même eau et toi-même, tu auras changé.
Même s’il y a un court laps de temps qui sépare les deux plongeons, tu auras changé.
Un homme ne se baigne jamais deux fois dans la même Meuse, dans la même Sambre, dans le même océan.
C’est un philosophe du devenir, Héraclite, tout comme, beaucoup plus tard, Jean-Paul Sartre.
Jean-Paul Sartre nous explique que nous sommes la somme de nos actes : “Un homme est la somme de ses actes”.
C’est extrêmement intéressant. Ca nous renvoie à notre liberté. Nous sommes libres, finalement, de devenir. Mais de devenir quoi ?
Et c’est là que je fais intervenir cette formule fameuse de Nietzsche, qu’il a lui-même empruntée à Pindare, un poète grecque…
Je sais, ça fait beaucoup de noms, beaucoup de citations. Je m’en excuse.

Et beaucoup de philosophes !

Oui ! Et un poète quand même.
Et la formule – c’est sur cette formule que j’entends m’attarder :
“Deviens ce que tu es”, dit Nietzsche.
Dans les Minutes précédentes, j’ai beaucoup évoqué l’échec. Ce que je ne vous en ai pas dit, c’est qu’il y a plusieurs étymologies au mot échec et, en vieux français, l’échec veut dire “butin”. Quand j’expliquais que c’était très intéressant de célébrer l’échec, de l’accueillir et d’en faire un tremplin vers autre chose, c’est aussi ce que dit Nietzsche : “Deviens !”
Deviens, ça veut dire “saisis les opportunités, construis-toi, bâtis-toi” à travers, aussi, tes échecs.
Les échecs, je l’expliquais, nous confrontent au réel alors que le succès peut nous amener à voler, mais pas forcément avec les Aigles. L’échec, il est vertueux en cela. La question est également de la part de Nietzsche :
“Deviens, d’accord donc je vais me construire, je vais me mettre en danger, je vais être vivant, mais, qui suis-je ?”
“Deviens ce que tu es”
Et “ce que tu es”, ça veut dire “reste fidèle à ton axe”.
Pour rester fidèle à son axe, rester fidèle à ses valeurs, rester fidèle à nos aspirations profondes, à nos désirs profonds c’est extrêmement difficile dans le tumulte qui est le nôtre, dans le vacarme qui est le nôtre.
Parce qu’il y a le vacarme médiatique – Sud Radio y contribue, mais chacun y contribue à sa manière – il y a ce que vos professeurs vous disent, ce que votre entourage … Tu évoquais les cinq personnes de Jim Rohn.
Donc, finalement, ma petite voix intérieure, qu’est-ce qu’elle me raconte de moi ?
Qu’est-ce qu’elle me dit de moi alors même que, il y a toutes ces voix, ces milliers, ces millions de voix dans mon univers qui m’envoient des signaux extrêmement différents, souvent contradictoires.
C’est cet enfant qui va suivre la trace de ses parents, le pharmacien engendrera des pharmaciens, le cordonnier, des cordonniers, par exemple.
Comment vais-je trouver ma petite voix intérieure?
Ce que je vous propose, c’est déjà de prendre de la distance, de vous mettre en recul pour apaiser, sinon faire taire, le-dit vacarme.
L’apaiser puis scruter votre cœur, sonder vos propres intentions, prendre de la distance et vérifier à quel moment ça vibre. Et quand ça vibre, vous tenez sûrement quelque chose.
Puis, alors, vous pourrez, comme le préconise Nietzsche, devenir ce que vous êtes.
Bon Vol avec les Aigles !

 

 

12 étapes pour complètement rater le lancement d’un business !

 

Quand je pense à la façon dont j’ai créé mon entreprise, quand j’observe les autres entrepreneurs, qui débutent ou non, je suis effaré.
Sûrement, on ne ch… que ce que l’on a mangé ????
Et sans doute n’avons-nous pas bien mangé et reçu de très mauvais exemples.
Voici le schéma le plus classique :

1. J’apprends un métier à l’école ou en stage.

Ex. : j’obtiens mon diplôme de comptable.

2. Je fais mes gammes dans une boîte où j’exerce ledit métier.

Ex. : j’effectue un stage chez un comptable ; je deviens employé dans une fiduciaire.

3. Je décide de voler de mes propres ailes… qui ne sont pas encore celle d’un Aigle ????

4. Je reproduis quasi à l’identique le business dans lequel je viens d’évoluer.

5. Mes premiers clients sont issus de mon réseau.

6. Le bouche-à-oreille m’en apporte d’autres.

7. Je suis au four et au moulin.

8. J’embauche. Mal. Sans stratégie.

9. A la gestion des clients s’ajoute la gestion des collaborateurs.

10. Je suis désormais au four, au moulin, au grenier et à la cave.

11. Mes journées sont infernales. Mes semaines sont infernales. L’agenda est blindé… pas le compte en banque.

12. Un jour peut-être, lors d’un rare instant de lucidité, je m’aperçois que j’ai créé mon entreprise pour être libre et heureux… mais que j’en suis l’esclave.

La destination était la bonne, pas le chemin. Je me convainc qu’il n’y en a pas d’autre. Après tout, un agenda rempli dit ma réussite. Mais au fond de moi, je sais qu’il a dû y avoir une erreur d’aiguillage.

 

Jeudi, je vous proposerai un autre chemin en quelques étapes simples.
D’ici là, portez-vous bien et Volez Haut !


Ps : si vous n’avez pas encore téléchargé mon ebook « Sortez du lot », vous y trouverez déjà de nombreuses pistes pour… déployer vos Ailes 😉

Il suffit de cliquer ici : https://eagleacademy65976.activehosted.com/f/17
Et si vous voulez prendre un fameux raccourci, sachez que plusieurs coachings viennent de se terminer.

Je ne coache qu’une dizaine d’entrepreneurs par an … Il y a donc de nouveau quelques créneaux disponibles !

Comment ça marche ?

Nous nous fixons un RV de 30 minutes via Zoom ou Skype.
Nous analysons ensemble 5 éléments-clés :
1. Votre situation idéale.
2. Votre situation actuelle.
3. Les obstacles qui vous empêchent de passer de l’une à l’autre.
4. Les ressources dont vous disposez et celles qui vous manquent.
5. Le plan d’actions à mettre en œuvre.


Au terme de cet échange, nous décidons tous les deux d’entreprendre le voyage ou non.

Pour solliciter ce 1er entretien, contactez-moi à fabian@eagleacademy.be, ou appelez-moi au 00 32 (0) 475 24 99 67.

Bon Vol avec les Aigles !

Ultracrépidarianisme et ipsédixitisme

 

Dans le numéro de Philosophie magazine de septembre 2020, Etienne Klein, Philosophe des sciences, évoque 2 biais cognitifs fort intéressants.

Un biais cognitif, c’est quand votre jugement est biaisé.
Quand votre perception est biaisée.
Quand votre pensée logique et rationnelle est déviée par rapport à la réalité.

Bien sûr, vous ne vous en rendez pas compte… ou rarement !

 

« L’ultracrépidarianisme, dit Klein, (formé sur le dicton sutor, ne supra crepidam, « le cordonnier doit s’arrêter au bord de sa chaussure ») est la tendance à parler avec assurance de ce qu’on ne connaît pas.

L’ipsédixitisme (dérivé du latin ipse dixit, « il l’a dit »)est la tendance à ne pas discuter ce que disent certains maîtres. A quoi s’ajoute la tendance à se fier à son intuition personnelle, au bon sens évoqué comme une norme du vrai. »

 

Donald Trump, ajoute Etienne Klein, a réussi un tour de force en mêlant ultracrépidarianisme et ipsédixitisme au sein d’une seule et même phrase à propos de l’hydroxychloroquine :

« J’en prends parce que je pense que ça ne peut pas faire de mal et que j’ai entendu dire de belles choses à son sujet. »

 

Malgré les circonstances, l’hospitalisation de Trump notamment, ne rions ni trop fort ni trop vite de lui !

Balayons devant notre porte…

« Dans un sondage paru le 5 avril dernier, dit encore Klein, on demandait aux Français si l’hydroxychloroquine était un traitement efficace contre la Covid-19 :
59% des personnes interrogées ont répondu oui, 20% non ; seuls 21% ont déclaré qu’ils ne savaient pas.
Alors même qu’aucune étude thérapeutique n’était encore disponible ! »

Au MasterMind des Aigles, nous traquons les biais cognitifs.
Au Mastermind des Aigles, nous tentons d’entretenir l’humilité,
en osant par exemple, les mots « je ne sais pas. »
Au MasterMind des Aigles, nous nous élevons pour élever les autres.
Nous élevons les autres pour nous élever.

Si vous voulez nous vous élever avec nous, contactez-moi !

Bon Vol avec les Aigles !

Nos échecs sont-ils vertueux ? [Suite]

 

Sud Radio, la Minute du Coach

Pablo :  Salut Fabian !

Fabian :  Salut Pablo !

On revient sur la thématique de la précédente Minute du Coach, à savoir : nos échecs sont-ils vertueux ?
Parce qu’il y a tant de choses à dire.

Oui, oui. Charles Pépin, l’auteur dont je parlais, le philosophe…
Je recommande une fois de plus la lecture de son livre “les vertus de l’échec”, tout ce que je vous expose ici, vous le retrouverez dans ces pages.
J’avais expliqué lors de cette Minute que, face à l’échec, on était confronté à une espèce d’ “Y”, soit la vertu de persévérance, soit la vertu de bifurcation.
Et je vais vous donner des exemples, notamment le Général de Gaulle.
Aujourd’hui, bien sûr, on a en tête cette figure absolument immense du Général de Gaulle mais on ignore souvent quel fut son parcours.
Le Général de Gaulle, très tôt dans sa vie, il a une grande idée de la France et il veut se battre pour cette grande idée.
Quand survient la Première Guerre mondiale, il aimerait aller au combat mais voilà, il est fait prisonnier très tôt et il s’ennuie, je pense, dans un château.
Il s’ennuie, il est mort d’ennui et cette grande idée de la France, il ne peut pas la défendre.
Alors après ça, il va écrire des livres sur la stratégie militaire, paraît-il excellents. Il écrit extrêmement bien. Mais personne ne commande ses livres ou ne les achète, encore moins ne les lit.
Donc deuxième échec.
Puis survient la deuxième Guerre Mondiale. Et on a tous en tête l’appel du 18 juin qui, en réalité, est un échec supplémentaire. Il y a 300 têtes qui arrivent, des marins, des gens qui, oui, ont répondu à son appel mais ce n’est pas l’appel qui est déterminant. Donc le Général de Gaulle, une fois de plus, essuie un échec.
Quand, beaucoup plus tard, on lui demandera comment il a trouvé la force de persévérer malgré ses différents échecs, il dira cette phrase assez intéressante :
“Je m’y étais habitué”

On peut s’habituer à l’échec?

Oui, comme si tu étais désensibilisé.
Comme les chevaux de la police montée, on les désensibilise puis on peut les envoyer en manifestations. Ils ont tellement vu de choses, qu’ils sont OK quoi. Il n’y a plus grand chose qui les effraient.
Et bien le Général de Gaulle s’était habitué à échouer.
C’est vrai que quand tu constates la vie de personnes qui ont des trajectoires assez linéaires : bon à l’école, bon à l’université, cadre tout à fait performant dans leur entreprise – ce qu’on appelle aussi le triomphe des moyens-bons – ces trajectoires linéaires, souvent, quand elles arrivent, quand elles aboutissent quand même à un échec, c’est extrêmement violent parce que la personne ne l’a jamais vécu avant et ne sait pas comment y être confronté.
Au demeurant, une dépression, c’est aussi un échec mais c’est un échec intéressant qui nous raconte quelque chose de nous.
Soit, ici dans le cas du Général de Gaulle, on a bien une vertu de persévérance, une personne qui a persévéré. Puis il arrive à Paris, il est acclamé. Les américains voulaient plutôt promouvoir, si je ne me trompe, le Général Giraud puis finalement c’est de Gaulle qui va avoir accès à ce destin extraordinaire que l’on connaît.
Par contre, on a d’autres exemples de bifurcation, notamment, Michel Tournier, l’auteur notamment de “Vendredi ou les Limbes du Pacifique” ou “Le Roi des Aulnes”, prix Goncourt à l’unanimité.
Michel Tournier, au départ, son rêve, son grand projet, c’est de devenir professeur de philosophie dans une fac à Strasbourg. Il maîtrise très bien l’allemand, c’est un spécialiste du philosophe Leibniz – c’est un excellent philosophe – et donc, il se présente à l’agrégation. Une fois, deux fois, trois fois…
Cinq fois il présente l’agrégation, cinq fois il se plante, cinq fois il échoue.
Après la cinquième fois, on lui dit : “Monsieur Tournier, vous ne pouvez plus présenter l’agrégation” et fi donc de ses rêves de fac de philo à Strasbourg.
A l’instar de de Gaulle que je citais juste avant, Tournier s’ennuie et il pond “Vendredi ou les Limbes du Pacifique”. Il deviendra l’un des auteurs les plus lus en France au siècle dernier.
Ici, on est bien dans la bifurcation, exactement comme Monsieur Honda.
Monsieur Honda, dont le rêve absolu est de devenir cadre chez Toyota, qui se présente à l’entretien d’embauche et qui est mauvais, avec des réponses indignes de son intelligence. Comme il n’est pas repris chez Toyota, presque par dépit, il crée la motocyclette Honda, encore une fois avec le succès que l’on connaît.
Et je termine, puisque je viens d’évoquer la persévérance selon de Gaulle, la bifurcation selon Tournier ou Honda – j’aurai encore un exemple qui va te plaire, toi qui aimes les chanteurs de vertu de persévérance – mais on peut se demander : “Quid d’une analyse, d’une lecture psychanalytique de l’échec ?”
Par exemple, est-ce que quand Tournier échoue à cinq reprises à l’agrégation de philo, est-ce que son désir inconscient n’est pas tellement puissant qu’il finit par avoir le dessus sur le désir conscient et le fait échouer ?
On parle en psychanalyse d’un acte manqué, quand l’inconscient s’exprime, ici, en l’occurrence à travers cinq échecs successifs.
Est-ce que Monsieur Honda n’est pas victime lui aussi victime – heureuse victime – d’un acte manqué, celui d’échouer à l’entretien d’embauche chez Toyota ? Est-ce que son désir inconscient n’a pas été tellement plus fort ?
Et je termine par une jolie histoire qui va te plaire, même si cette Minute est un peu plus longue que d’habitude, c’est Barbara.
Barbara qui pendant dix ans va être vraiment la risée de toutes les scènes.
Je pense qu’elle peinera à aller au bout de trois chansons, elle va essuyer des quolibets, peut-être même des tomates mais elle persévère, elle persévère, elle persévère …
Elle retourne à Paris – elle a tenté sa chance en Belgique sans succès – elle part à Montmartre, elle passe une audition dans un cabaret. On lui dit : “Je vous embauche… en cuisine !”
Résultat, la voilà en cuisine qui va rencontrer Boris Vian, qui va rencontrer Mouloudji et qui va devenir la vedette que l’on connaît.
Encore une fois, vertu de persévérance.
Et vous, mesdames et messieurs, qu’allez vous faire de votre échec ?
Persévérer comme de Gaulle, comme Barbara? Bifurquer comme Tournier, comme Honda ?
A vous de voler, avec les Aigles !

 

 

 

 

C’est quoi l’amour ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo.

Une question tellement vaste, simple et compliquée à la fois…
C’est quoi l’amour ?

Aujourd’hui, chers auditeurs, je vais me faire le porte parole, très humblement bien sûr, d’un grand philosophe contemporain, André Comte-Sponville, que j’ai eu le bonheur de rencontrer, la chance aussi, peut-être le privilège d’avoir comme intervenant ces derniers temps à Solvay en l’occurrence et il nous a délivré un cours magistral qui m’a énormément inspiré, impacté.
De quoi allons nous parler aujourd’hui ? De qui ?
De Platon, d’Aristote et de Spinoza. Donc surtout restez avec nous, ne vous enfuyez pas parce que je viens de citer trois philosophes. Vous allez voir, c’est plus simple que ces noms pourraient le laisser entrevoir.

Dans un ouvrage remarquable, “Le Banquet”, Platon, faisant parler Socrate, va nous expliquer ce qu’est l’amour.
Je vous la fait courte : l’amour c’est le désir, le désir c’est le manque.
Comblez le manque, le désir disparaît et l’amour le suit. Plus de désir, plus d’amour.
C’est intéressant, parenthèse, de se dire qu’aujourd’hui – je pense notamment à l’éducation que reçoivent les enfants, un auteur d’ailleurs avait écrit un ouvrage il y a quelques années qui s’intitulait, de mémoire, “nos enfants manquent de manque” – que nos enfants manquent de manque.
Et bien oui ! Parce que s’ ils n’ont pas le temps de vivre un manque, que vous l’avez déjà comblé ou anticipé et bien vous tuez tout désir.
J’avais même déjà dit à des jeunes couples qui convolaient en justes ou injustes noces : “Surtout, les amis, si vous voulez que votre couple dure, entretenez ce manque. Entretenez le !”
Comte-Sponville dira même : si votre mari vous dit, après 15 ans, “je t’aime comme au premier jour”, certes, c’est romantique mais c’est un pur mensonge.
Quant au désir, il est très intéressant de se référer ici à Aristote et à Spinoza.
Aristote, IVe siècle avant Jésus-Christ, Socrate, XVIIe siècle. On est alors en Hollande. C’est un juif émigré en Hollande. Spinoza, grand philosophe du bonheur, on peut le dire.
C’est amusant, comme à des siècles de distance, ces deux personnages hors du commun vont nous tenir à peu près le même langage.
Aristote nous dira: “le désir est l’unique force motrice “.
Quant à Spinoza, il se fend d’un: ” le désir est l’essence même de l’homme”.
Et c’est vrai. Si vous farfouillez dans votre mémoire, à quel moment avez-vous été capable de grandes choses, de vous surpasser ? Sûrement parce que vous étiez mû par un immense désir.
A quel moment avez-vous été capable de perdre du poids ? D’enfin vous mettre à ce sport alors que vous repoussiez, vous postposiez sans arrêt la date de cet abonnement à la salle ? Parce que vous étiez extrêmement amoureux.
Tomber amoureux, je parle du moment de la chute. Pendant la chute, vous êtes à peu près capable de tout tellement le désir est puissant.
Ce qui amène Comte-Sponville, carrément, à parler aux managers et aux marketeurs – moi je vais m’adresser à tout un chacun – et à dire au manager : “Vous êtes le professionnel des désirs de vos collaborateurs”.
Si vous êtes marketeur ou vendeur, vous êtes le professionnel des désirs de votre client.
Et moi je vous dis, chers amis, vous êtes le professionnel des désirs de l’autre.
Et ça fera l’objet d’une autre Minute du Coach.

 

 

 

 

 

Nos échecs sont-ils vertueux ? – 1ère partie

 

Sud Radio, la Minute du coach

 

Pablo :  Fabian, bonjour.

Fabian :  Bonjour Pablo !

Bienvenue pour cette séquence que vous suivez, très nombreux, chaque semaine sur Sud Radio, avec Fabian Delahaut.
Nos échecs sont-ils vertueux ? Alors ?

Quelle question !

Et oui !

Figure-toi que j’ai eu la chance de rencontrer Charles Pépin, qui est un philosophe français.

Quelle chance !

Oui, c’est un vrai bonheur. Un philosophe accessible, lisible et que je recommande, notamment – parce qu’il a écrit plusieurs livres vraiment excellents – je recommande notamment à nos auditeurs “Les vertus de l’échec”, qui est déjà un titre extrêmement intéressant.
Est-ce qu’un échec peut-être vertueux ?
Et on apprend…

Il paraît qu’on avance dans la vie en se plantant, finalement.

On n’avance que comme ça.
Par exemple, le petit bout d’homme, le bébé quand il naît, il est complètement prématuré. Alors que le petit poulain, lui, est tout de suite sur ses gambettes et prêt à déguerpir et à fuir un prédateur.
Le bébé idéalement, selon les biologistes, il lui faudrait 18 à 21 mois. Mais comme il naît parfaitement prématuré, il va tenter pendant un an de se mettre debout et ça lui vaudra 2000 essais environ.

C’est énorme !

2 000 essais !
Tu vois le fameux adage “L’erreur est humaine mais persévérer est diabolique” ?
Souvent, quand on le prononce, on pense : “c’est normal qu’un homme fasse des erreurs”.
En réalité, ça vient de cela, du fait que nos apprentissages sont basés sur nos erreurs, sur nos échecs.
Si on procède à une lecture épistémologique de l’échec et qu’on se réfère, notamment, à Gaston Bachelard quand il rédige sur la formation de l’esprit scientifique : que dit-il ?
Que tout progrès, en l’occurrence scientifique, est une rectification de l’erreur initiale.
Et on pense bien sûr à Thomas Edison et à ses 10 000 essais avant d’inventer l’ampoule.
Bref, ce que je veux vous dire, c’est qu’il y a une manière de saluer, voire de célébrer l’échec qui nous permet de le transformer en échec vertueux.
Ce n’est pas toujours vertueux !
Il y a 5 conditions pour qu’un échec soit vertueux. Est-ce que ces cinq conditions t’intéressent Pablo ?

Mais évidemment.

Chouette.

La première ?

La première condition, c’est qu’il n’y ait pas de déni de l’échec.
Par exemple, on entend souvent, dans les médias, notamment sur Sud Radio, que tel grand patron d’entreprise a été licencié parce qu’il a mal fait son travail, en tous cas que l’entreprise ne fonctionne pas bien et pourtant il s’en sort avec un parachute doré.
L’entreprise va mal, on a licencié à tour de bras et cette personne s’en tire avec des millions à la clé. Ça, c’est vraiment une institutionnalisation de l’échec.

Donc pas de déni ? Il faut être dans l’acceptation ?

Oui, absolument !
L’échec, l’avantage de l’échec est qu’il nous confronte au réel. On se cogne contre le réel.
Alors que les grands succès… Toi qui côtoie de nombreux artistes, de grandes vedettes même, des stars, tu as certainement déjà entendu certaines d’entre elles te dire, alors qu’elles vivaient un grand succès : ” Je ne réalise pas, je ne comprends pas bien ce qui m’arrive”.
Alors que l’échec, quand tu le vis, tu réalises tout de suite.
Le succès peut te mettre dans une forme, dans un état de lévitation. Et effectivement, tu ne te rends pas compte de ce qui survient mais l’échec, lui, te ramène à la terre.
Je reviendrai un peu plus tard sur cette notion-là.
La deuxième chose, c’est qu’il ne doit pas y avoir d’identification. Je ne suis pas mon échec. J’ai raté mais je ne suis pas un raté. C’est très important de dissocier les deux.
La troisième raison : je dois interroger mon échec. Je dois le questionner.
Qu’est ce qu’il me raconte ? Est-ce que si j’échoue cela veut dire que je dois persévérer ? Continuer vers mon objectif, vers mon but ? Est-ce que je dois bifurquer ?
Là encore, je reviendrai lors d’une prochaine Minute du Coach sur ces deux options qui s’offrent à nous.
Quoi qu’il en soit, c’est extrêmement difficile de s’interroger, d’interroger ses échecs tout seul. Le mieux est encore de se faire aider par un coach, un thérapeute. En tous cas quelqu’un qui va nous éviter de tourner dans la roue comme un hamster.
La quatrième condition, elle ne dépend pas de nous, malheureusement. C’est lié à l’environnement.
Est-ce que dans notre environnement l’échec est perçu, est vécu comme une tare?
Souvent c’est bien le cas, notamment dans l’enseignement. Ou est-ce qu’à contrario on va le célébrer à l’instar de ce qui se passe aux Etats-Unis.ç
Si tu te souviens, quand Michaël Jordan jouait en NBA, souvent on le présentait travers ses succès et on disait de lui que c’était l’une des personnes, l’un des joueurs qui avait le plus raté de paniers mais aussi l’un de ceux qui avaient le plus marqué de paniers.
Aux Etats-Unis, quand un entrepreneur fait faillite, les banquiers le suivront quand même en pensant : “il a appris, ce sont des erreurs qu’il ne commettra plus”.
Ici, chez nous, fais faillite et tu as une croix rouge sur la tête. Ça va être très dur pour toi, tu vas en baver.

Et la dernière, c’est la cerise sur le gâteau.

Oui, elle est très intéressante : il n’y a d’échec vertueux que si tu as osé, que si tu as fait preuve d’audace.
Je prends un exemple : tu es à une soirée et tu vois cette personne qui te fait vibrer, qui t’envoie des papillons dans le ventre. Tu as envie d’y aller puis tu n’y vas pas. Tu n’as pas cette audace-là, tu n’as pas ce courage-là, puis cette personne s’en va…
Il y a échec parce que tu n’auras jamais pu la rencontrer. Et en plus, tu n’auras pas osé.
Double peine, dit Charles Pépin.
Bon Vol avec les Aigles !

 

 

 

 

Que dites-vous quand vous ne le dites pas ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo.

Que dites-vous quand vous ne le dites pas ?
C’est le thème du jour. Compliqué ? Ou simple?

Les deux à la fois !

Tu n’aimes pas les choses simples…

Si, mais simple ne veut pas dire facile.
Ce n’est pas parce que c’est simple que c’est facile. Ce n’est pas parce que c’est facile que c’est simple. C’est simple de faire un régime, ce n’est pas facile de renoncer à la mousse au chocolat de ma mère. Mais ça, je l’ai déjà expliqué ici, je n’y reviens pas.
Non, ce que je veux dire, c’est qu’il y a, bien sûr, dans un message, la première couche, les mots, et puis il y a toutes les sous-couches.
Moi, en tant qu’acteur et en tant qu’Eagle Coach, ce qui m’intéresse par-dessus tout, ce sont les sous-couches. Et plus on creuse, plus ça devient intéressant.
Notamment : quel est l’objectif du message ? Qu’est-ce que je ne dis pas quand je dis autre chose que ce que je dis ?
Je donne un exemple et même plusieurs.
L’un de mes amis me raconte qu’un jour, il s’est fait draguer par une jolie femme beaucoup plus jeune que lui et il n’a pas été émoustillé, mais flatté. Donc le soir, il raconte l’anecdote à
sa femme qui, m’explique-t-il, est heureuse pour lui et il est content de partager ça.
Et moi, je ne peux pas m’empêcher de lui dire : “Tiens, c’était quoi ton objectif en lui disant ça ?”

La rendre jalouse, un peu ?

Alors non. Il m’a dit : “Bah pourquoi ? On n’est pas obligé d’avoir un objectif à chaque fois qu’on communique”.
Je lui ai dit : “Que tu le veuilles ou pas, il y a un objectif. Quand tu communiques, tu le fais pour une bonne raison. Mais peut-être que tu fais mouche alors que tu sembles annoncer faire mouche ailleurs”
Par exemple, le message pourrait être, explicitement : “Ma chérie, vois à quel point je suis transparent et authentique. J’ai été dragué par une jolie jeune femme. Tu sais à quel point je t’aime, c’est d’ailleurs pour ça que je te raconte sans ambages cette historiette qui n’a finalement que peu d’importance.”
Mais, quel est le message implicite?
“Ma cocotte ! Je suis encore séducteur ou séduisant – ce qui n’est pas la même chose – même à mon âge !”

Je ne suis pas encore périmé !

“Je ne suis pas périmé, fais gaffe ! Sache que tout peut arriver ! Maintiens-toi à mon niveau !”. Peu importe ce que le message peut être implicitement, je trouve ça intéressant.
Et moi, perso, ce genre de message, je ne l’aurais pas divulgué, je l’aurais gardé pour moi.
Ou alors un autre exemple, cet ami, que tu n’as pas entendu depuis des lustres et qui soudain se rappelle à ton bon souvenir : “Ah Pablo, comment vas-tu?”
“Bah très bien ! Qu’est-ce que tu deviens Florent? ” J’ai dit Florent, mais ce n’est par lui que je pense.
Puis subrepticement, cet ami commence à t’annoncer l’une de ses grandes victoires.
Ou alors il a gagné énormément d’argent parce qu’il vient de revendre son entreprise ou il a obtenu un diplôme avec les félicitations du jury, ou que sais-je.
Finalement l’appel n’était pas tant pour prendre de tes nouvelles que pour aller raconter ses faits de gloire. Mais de nouveau, c’est tout ce que je dis sans le dire. Et ça ne me gêne pas qu’il vienne raconter, narrer ses exploits. Ce n’est pas ça qui me gêne.
Ce qui me gêne, finalement, si toutefois quelque chose doit me gêner dans l’histoire, c’est : “Quid de l’authenticité là-dedans? Quid de ce contact entre êtres humains?”
Est-ce que je ne peux pas simplement dire les choses ?
“Je t’appelle parce que j’ai envie de partager avec toi quelque chose qui vient de m’arriver. Je suis tellement tourneboulé moi-même que je souhaite le partager avec quelqu’un qui compte pour moi et tu comptes pour moi”
Je trouve ça plus plus honorable et plus humain.

Merci Fabian, pour cette Minute du Coach, en replay sur sudradio.be

 

 

 

 

Comment offrez-vous des cadeaux à vos amis ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo, bonjour à tous.

Comment offrez-vous des cadeaux à vos amis ?
C’est un peu la continuité d’une précédente Minute du Coach où l’on apprenait ce qu’était l’amour.

Oui. Et je terminais cette Minute en disant – en m’appuyant sur Platon, Aristote, Spinoza et surtout André Comte-Sponville – je disais : “Soyez le professionnel des désirs de l’autre”.
Explication à travers des exemples, éventuellement des anecdotes personnelles.

Répète la phrase ? “Soyez … “

“… le professionnel des désirs de l’autre.”
D’où la question qui s’impose : Comment offrons-nous des cadeaux à nos amis, aux gens que nous aimons?
J’ai souvenir d’un anniversaire… Je me demande même si tu n’étais pas présent, je crois que oui. J’avais invité des tas d’amis, et deux amis – qui peut-être vont entendre cette Minute, je les adore au demeurant mais je vais quand même le dire – qui me connaissent depuis des décennies et qui savent que, de ma vie, jamais je n’ai bu une goutte d’alcool, jamais. Ils m’ont offert, l’un une bouteille de pinard, l’autre du pinard et du champagne. Chouette !
Et je me suis dit : “Mazette, ils me connaissent quand même ! Ils savent que je ne vais pas consommer”
Et du coup, je me suis fait un film, je me suis mis à fantasmer. Je les imaginais: “Ah oui mince, il y a l’anniversaire de Fabian aujourd’hui. On n’a pas de cadeau… Oh une bouteille de pinard ça fait toujours plaisir !” Voilà ce que je me suis imaginé. Peut-être me suis-je trompé, c’est une présupposition. Quoi qu’il en soit c’est bien ce que j’ai reçu.
Et ce même jour, ma sœur et son compagnon m’ont offert un t-shirt et sur ce t-shirt, chaque fois je suis ému quand j’en parle, il y a une photo de ma pouliche, Shadow, et moi, avec son nom en dessous. Oh, ça n’avait pas dû coûter beaucoup d’argent. Par contre, ça avait dû coûter beaucoup de temps et d’ingéniosité. Parce qu’il fallait pouvoir trouver la photo, la faire imprimer etc… Et je me suis dit: “Ça, c’est le cadeau de l’amour. C’est quelqu’un qui m’aime”.
Alors je ne dis pas que les autres ne m’aiment pas, bien sûr que c’est le cas aussi ! Simplement ce jour-là, ils se sont un peu moins mobilisés. Mais la question, alors, que je pose : “Vous quand vous offrez des cadeaux, vous vous y prenez comment ?”
Est-ce que vous dites, comme si tu avais ton anniversaire demain, Pablo, et je te disais : “Tiens, Pablo, pour ton anniversaire, surtout tu me donnes ta liste !”
Moi aussi je fais ça, remarquez, mais si je te demande : “Donne moi ta liste de cadeaux”, comme ça je suis sûr de pas me tromper, je suis sûr que je te ferai plaisir.
Mais dans le sous-texte, la phrase “donne moi ta liste”, qu’est-ce qu’elle raconte? Qu’est-ce que je raconte dans tout ce que je ne dis pas ? Qu’est ce que je dis dans ce que je ne dis pas ?
Je dis ceci: “Mon cher Pablo, comme tu n’es pas quelqu’un de très important pour moi, je te demande ta liste car, tu comprendras, je n’ai nulle intention de déployer quelque énergie que ce soit pour trouver un cadeau qui va te faire plaisir.
J’ai autre chose à faire alors, s’il te plaît, épargne moi les heures de recherche dans les magasins et autres, facilite-moi le travail…

Allons à l’essentiel.

Voilà ! Que je puisse m’acquitter de ce cadeau. Voilà ce que moi j’entends.
Et malheureusement je pose aussi la question : “Est-ce que tu as une liste ?”
Je trouve ça détestable rien que d’y penser.
Alors si vous aimez quelqu’un, et bien simplement, cherchez le cadeau qui va lui plaire.
C’est ça être le professionnel des désirs de l’autre.

 

 

 

 

Comment vendre sans être vendu ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach

Pablo :  Comment vendre sans être vendu ? Vendre quoi tout d’abord ?

Fabian :  C’est une excellente question parce que les auditeurs pourraient penser “Moi ça ne me concerne pas, je vends rien” . Mais si les amis nous vendons tous, tout le temps.

On se vend !

Absolument ! On vend une idée, on vend un projet.
“On va au cinéma les gars ?
Oh non pas au cinéma, pas ce soir”
Et si on allait manger au grec?
Non, je préfèrerai italien”
Bref, on n’arrête pas de vendre.
Quand vous êtes à un examen, si vous êtes étudiant, vous vendez votre réponse au prof. Que vous le vouliez ou pas c’est comme ça. Et, pour vendre, l’un des secrets de la vente…

La séduction.

Si tu veux mais c’est…

La manipulation !

Oui, alors résolument oui !
D’ailleurs, tu sais que les meilleurs vendeurs sont des psychopathes ? Pourquoi ?
Parce que les psychopathes suivent leur script à la lettre.

Ce sont des pitbulls aussi.

Ce sont des pitbulls donc ils vont vraiment au bout de la chose. Donc ce sont les meilleurs vendeurs qu’on puisse trouver. D’ailleurs le monde entier en général !
Durant toute l’histoire de l’humanité, les hommes se sont passionnés pour les psychopathes, les ont ovationnés. Ils sont devenus des idoles.
On va admirer Napoléon, admirer Alexandre le Grand, on va même admirer Dutroux ! Il a des admirateurs, c’est complètement fou, mais c’est comme ça, soit !
Et dans le monde des entreprises, le taux de sociopathes, notamment les banques, est beaucoup plus élevé qu’ailleurs par exemple. Parce que pour arriver à des
hautes sphères en entreprise, il ne faut pas avoir peur de couper des têtes et donc émotionnellement faut pas être atteint. Les gens comme nous deux, par exemple, c’est foutu ! On ne peut pas arriver à…

On ne saurait pas vendre nos mères.

Ahahah ! Non, certainement pas.
Mais ce sur quoi je voulais insister, c’est que le bon vendeur …
“Ah Pablo, je te trouve une mine superbe aujourd’hui, vraiment ! Et cette écharpe te va à ravir !”

Je sais !

Je vois un sourire qui se dessine sur ton visage.
Je viens de t’envoyer de la dopamine gratos.

Tu viens de me flatter

Oui, alors la flatterie …
Ça aurait pu être un compliment, ça aurait pu être sincère. Là, en l’occurrence, c’était une flatterie.
Tout ce que je voulais, c’était de t’injecter de la dopamine gratuitement. L’hormone du plaisir.
Si je dis que tu es très beau, très intelligent, je t’envoie encore de la dopamine. Ça fonctionne à chaque fois. Même si tu sais que j’utilise cette technique pour te l’envoyer, ça va toujours fonctionner.
Et le bon vendeur, notamment, entre autres choses, il va envoyer de la dopamine à ses clients.
Là où j’attire votre attention d’où le titre “comment vendre sans être vendu ?”
Quand nous vendons, nous devons vendre au “Système 1” de notre interlocuteur.
Ça veut dire quoi ? Je l’ai déjà évoqué ici même mais peut-être que les auditeurs ont oublié.

Pour rappel…

Notre cerveau, comment fonctionne-t-il ? Il fonctionne, selon Daniel Kahneman qui a eu un prix Nobel pour justement tous ses travaux à ce sujet, il fonctionne avec la pensée rapide qui est émotionnelle, “Système 1” – aujourd’hui les scientifiques diront “Type 1” – et la pensée lente, rationnelle, “Système 2”. Aujourd’hui on parlera de “Type 2”.
“Système 1” ne coûte aucune énergie.
“Système 2” est très paresseux et en même temps, quand on le mobilise, quand on le sollicite, ça génère, ça demande, ça exige beaucoup beaucoup d’énergie. Si mes phrases sont longues, complexes parce que mon vocabulaire est soutenu, j’exerce une surcharge cognitive sur les auditeurs et cela les fatigue. C’est donc beaucoup plus compliqué pour moi de leur vendre quelque chose si mon discours a été complexe.
J’ai pris cet exemple : 2+2 = 4
C’est instantané, “Système 1” peut répondre.
17 x 44 il faut absolument que “Système 2” rentre dans la danse.
Et donc, ce que je voulais vous dire, c’est que si vous voulez vendre, vous devez parler au système 1 de votre interlocuteur. Donc des phrases simples, courtes, beaucoup d’émotions et des mots surtout très faciles avec évidemment des changements dans les intonations de voix, etc… Envoyer de la dopamine.
A contrario, si vous voulez éviter que l’on vous vende, mettez-vous en recul. La posture du recul, la posture de la distance. Activez votre système 2 pour que votre système 2 soit vigilant

Aware

Absolument, waouh ça me plait beaucoup quand tu dis ça. Et, ce sur quoi je vais terminer, c’est que l’hormone du plaisir, c’est bien la dopamine, on parle aussi de neurotransmetteur.
Le neurotransmetteur du bonheur, c’est la sérotonine. On parle alors d’un état de bien-être à
beaucoup plus long terme. Ce que l’on sait moins, c’est que la dopamine contrecarre la sérotonine et donc je vous invite de temps en temps quand même, pour surgir hors de la médiocrité, d’activer votre système 2 plus souvent que de raison et de viser la sérotonine, le bonheur à long terme. De ne pas hésiter à renoncer à des petits plaisirs à court terme pour de plus grands bonheurs à long terme.