9 façons de ne pas s’entendre

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Bienvenue à toutes et à tous pour ce nouveau rendez-vous Minute du Coach.
On vous rappelle que vous pouvez réécouter les séquences précédentes en nous rendant visite sur sudradio.be
Bonjour Fabian.

Bonjour Pablo.

9 façons de ne pas s’entendre avec quelqu’un ou de ne pas s’écouter ?

Tu vas tout comprendre après avoir écouté ce texte qui me poursuit depuis de très nombreuses années et que j’invite tous les auditeurs à méditer.
“Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y au moins neuf possibilités de ne pas s’entendre.”
Je trouve ce texte inspirant.

Pourquoi ?

Parce que dans notre vie quotidienne, nous sommes sans arrêt en train de postuler que ce que nous disons
est clair pour les autres. C’est clair pour soi et puis c’est clair pour les autres.
Pourtant le langage est plein de pièges, plein de nuances, parfois très complexes.
Je me souviens de l’un de mes mentors, un philosophe qui nous parlait du langage et qui disait, par exemple :
“Quand vous dites “on mange les enfants”, qu’est-ce que ça signifie ? Ça signifie “les enfants, à table” ou ça signifie “nous sommes des cannibales”.
Pour pouvoir passer outre et finalement faire en sorte qu’on se comprenne mieux – j’ai déjà évoqué ici un principe qui me semble indétrônable “écouter non pas pour répondre mais écouter pour comprendre” – je vous propose aussi quelques techniques toutes simples.
La première technique : quand quelqu’un parle, taisez-vous, tout simplement.
Taisez vous et quand cette personne a terminé de parler, taisez-vous encore, quitte à compter dans votre tête “un mississippi, deux mississipi, …” On appelle ça la règle des 4 secondes.
Pour écouter l’autre, il convient d’être ouvert, de gommer les idées préconçues.
Si par exemple j’ai des idées préconçues sur les animateurs radio que j’estime extrêmement narcissiques et donc à l’écoute exclusivement d’eux- mêmes …
Ce n’est absolument pas ton cas. Mais si c’était le cas …

Mais ça arrive !

Oui bien sûr, on en connaît tous les deux.
Si c’était le cas, au moment où tu ouvres la bouche, j’ai déjà des freins, des barrières, mes écoutilles se referment.
Donc une fois que je me mets à écouter l’Autre, qui que ce soit l’autre avec un grand “A”, je suis neutre.
C’est quelque chose de très important.
Je me détache de mes propres soucis. Si mes problèmes envahissent mon esprit, je ne peux pas être
disponible pour l’autre.
Et je limite mon temps de parole. Je m’arrange pour que l’autre ait le temps de s’exprimer, en lui posant des questions notamment.
Dans certains cas je prends des notes. Dans notre culture, l’écrit est important. Si je prends des notes de ce que tu me dis, je valorise ce que tu dis. Mais ça c’est plutôt dans des cas professionnels.
Je t’encourage à t’exprimer. Comment ? En hochant la tête par exemple, en disant des mots tels que “oui”, “hmhm”, “c’est ça”, …
Je reformule.
Surtout je ne t’interromps pas. Sauf si vraiment tu as la logorrhée. La logorrhée, pour l’auditeur, c’est la diarrhée verbale. Ce sont les personnes inarrêtables.
Si j’ai envie de t’interrompre parce qu’une idée vient de me traverser, je vais utiliser ce qu’on n’a pas “la technique du parking”. Je note mon idée, comme ça je peux te laisser continuer à exprimer ce que tu as envie d’exprimer.
Je ne réagis surtout pas à propos des personnes, mais je réagis à propos des faits.
Je me garde bien d’utiliser le “Tu”. On le sait – on le dit souvent dans les émissions sur la communication, on le lit énormément dans les livres, les articles – en communication, trop de “tu” tue. Donc il faut éviter d’attaquer la personne On attaque le ballon, pas la jambe, pour prendre une métaphore footballistique.
Souriez. Maintenant, si l’autre vous raconte que toute sa famille est décédée dans un crash aérien, là bien-sûr vous ne souriez pas.
Et vous vous mettez dans la peau de votre interlocuteur, dans ses baskets, pour tenter de comprendre comment lui voit le monde, quelle est sa perception du monde.

Car il y a pas mal d’obstacles à l’écoute.
Je vais en proposer quelques uns.
Si vous êtes distrait, vous n’êtes pas disponible pour écouter. Vos soucis personnels vous empêchent d’écouter.
Les préjugés, l’intolérance mais aussi la familiarité. Par exemple, Pablo, si tu te mets à me raconter une histoire que je pense avoir déjà entendue, je vais faire semblant, mine d’écouter mais en réalité je serai déjà ailleurs.
Soupirer. Si je soupire pendant que tu me racontes quelque chose, tu vas te dire “Mon dieu, ça n’intéresse vraiment par Fabian.”

Si tu bailles ?

Si je baille, c’est terrible.

C’est le pire.

Si j’évite ton regard. Pour l’instant on se regarde bien tous les deux, on est face à face, c’est sympa.
Si je ne garde pas mes distances. Soit si je suis trop à distance de toi, ou si je me rapproche trop près de toi. Ça serait agressif dans ce cas-là.
Les mains en poche, c’est pas génial.
Si je regarde ma montre, c’est aussi un sacré signal.
Tous les croisements en général, les bras en particulier.
Je vous invite à éviter de mâcher un chewing gum, même manger, sauf si vous êtes en train de partager un repas.
Alors par exemple, tu entres dans un bureau, quelqu’un fait mine de t’écouter tout en continuant à tapoter un SMS ou à tapoter sur son clavier d’ordinateur. Clairement, tu n’es pas assez important pour moi, pour que j’arrête ce que je suis en train de faire.
Sans mal et sans prévenir, je l’ai déjà vécu, lever les yeux au ciel.

Vous voyez, une panoplie comme ça de gestes auxquels on ne prend plus finalement garde, on n’y prend plus attention mais qui viennent pourrir littéralement les relations au quotidien avec nos amis, nos proches, nos collègues.
Soyez y attentifs et souvenez-vous :
Être à l’écoute, ça demande d’être concentré, ça exige un minimum d’énergie.

Merci Fabian

 

 

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