Archives par mois de publication: juillet 2019

Je me fous de votre expérience

 

Sud Radio, la Minute du Coach !

 

Pablo :  C’est parti pour une nouvelle émission Minute du Coach, sur Sud Radio, avec notre spécialiste Fabian Delahaut.
On fait quoi d’ailleurs depuis le début de cette séquence ?
Elle a pour but de faire quoi, cette émission ? D’améliorer le quotidien des gens ?

Fabian :  Oui, de leur permettre de prendre du recul sur comment ils fonctionnent, sur comment ils vivent et sur qui ils sont.

Et pourtant tu t’en fous de leur expérience ?

Oui complètement !
Alors, votre expérience, je m’en tape ! Vous n’imaginez même pas à quel point je m’en tape !
Il y a une formule qui me navre et qui me gave : “Ça viendra avec l’expérience. Oui, ça va venir avec l’expérience, c’est normal.”
“Oui, ce joueur de foot, il a de l’expérience, ça se voit sur le terrain.”
Ce sont des conneries ! Pardonnez-moi l’expression, un instant de vulgarité est vite passé.
Pour quelle raison ? Et bien je vais te le dire, Pablo !

C’est les coups de gueule ça !

Oui, non, ce n’est pas tellement un coup de gueule, c’est une alerte.
Si l’expérience suffisait à nous rendre meilleurs…
Je fais à peu près 60 000 bornes par an en voiture. J’ai un peu d’âge, donc ça fait un paquet d’années que j’ai eu mon permis. Vous imaginez depuis que je roule, j’ai accumulé des millions de kilomètres.
Est-ce que pour autant je me mêle d’aller faire une course de rallye ou de Formule 1 parce que j’ai tellement d’expérience, que je suis un pilote de génie ?
Absolument pas !
J’ai à peine plus de qualité comme pilote qu’il y a 20 ans. Je ne me suis pas amélioré d’un iota.
Ça fait des décades que je tape sur mon ordinateur, est-ce que je tape mieux et plus vite ?
Pas du tout ! Je ne tape ni mieux ni plus vite.
Et quand j’ai commencé à jouer au tennis tout seul, au bout d’un an, j’avais certes beaucoup plus d’expérience qu’un an plus tôt, mais je frappais de face, j’avais une prise de coup droit quand je servais.
Et j’ai pris un prof qui a dû nettoyer tout ça.
C’était plus compliqué pour lui, à la limite, que de repartir de zéro.
Donc, il faut arrêter de se réconforter en disant : “Avec l’expérience, ça va venir”
Aujourd’hui, je ne suis pas tellement un amant inspiré.
Je ne fais pas très bien l’amour mais quand j’aurai eu quelques conquêtes, que j’aurai passé quelques nuits sympathiques ..

Ça ira mieux !

Ça ira mieux, je deviendrai un meilleur amant. Mais arrêtons les bêtises. Pas du tout. Lisez des bons livres, il y en a ! Notamment sur cette question, mais je ne vais pas m’appesantir là-dessus.
Mais surtout, formez-vous et travaillez !
Même si je n’aime pas le mot “travail”. J’ai déjà expliqué que je préférais dire “jouer” par exemple.
En somme, c’est le travail qui fait la différence, ce n’est pas l’expérience !
Et c’est tellement facile de se camoufler derrière, qu’une fois encore, ça nous dédouane de fournir un minimum d’efforts.
Toi et moi, Pablo, nous aimons les chevaux.
Nous avons déjà rencontré dans notre vie des cracks.
Mais nous savons aussi tous les deux qu’un crack, un cheval qui vaut des dizaines de milliers d’euros, voire des centaines de milliers d’euros, quand tu le mets dans une prairie, il ne fait pas son footing tous les matins pour entretenir sa condition physique. Il joue un peu, il mange beaucoup et deux mois après il a une panse de cheval de prairie.
Ne soyons pas comme les chevaux, mais volons avec les aigles.

 

Mieux comprendre son environnement

 

Sud Radio, la Minute du Coach

 

Pablo :  Bienvenue à Fabian Delahaut, bonjour Fabian !

Fabian :  Salut Pablo.

On poursuit notre vol avec les aigles grâce à cette Minute du Coach.
Le thème du jour : voulez-vous prendre un bain avec moi ?

Et toi Pablo, tu veux prendre un bain avec moi ?

Si tu veux, le samedi. Uniquement !

Alors je te propose …

Parce qu’il y a des gens qui prennent leur bain une fois…

Que le samedi, chacun son truc.
Moi je me souviens du PDG de Danone, il y a très longtemps, dans “L’Heure de Vérité”, qui était une émission culte sur France 2.
On l’avait interviewé et on lui avait demandé comment il embauchait, comment il recrutait.
L’une des questions qu’il posait à ses futurs managers c’était : “Est-ce que vous prenez une douche ou un bain le matin ?”
Et il était beaucoup plus séduit par ceux qui prenaient un bain, parce qu’il se disait :
s’ils prennent un bain, c’est qu’ils ont le temps de réfléchir à leurs journées. Ils ne sont pas dans une forme d’empressement.

Pas de rush !

Pas de rush.
Mais ce n’est pas du tout de ça dont je veux vous parler aujourd’hui.
Simplement, imaginons que tu prennes un bain avec moi samedi.

Tu nous invites à baigner dans quoi ?

Voilà ! Effectivement, c’est la question.
C’est bien sûr complètement métaphorique, les amis.
N’allez-pas vous tromper sur mes intentions.
Ce qui est intéressant, c’est que quand je prends mon bain – c’est systématique, c’est tous les matins comme ça – dès que je fais couler l’eau, je rentre dans la baignoire et puis l’eau monte, l’eau monte.
Et si tu souhaitais me rejoindre dans le bain quand l’eau est quasiment à ras bord, tu ne pourrais pas entrer dans cette baignoire parce que tu trouverais que l’eau est bouillante.

Mais moi, qui y serais depuis le début…

Habitué.

Complètement rodé à cette chaleur, puisqu’elle s’est créée en même temps que je m’y trouvais.
Je ne comprendrais presque pas que tu trouves ça trop chaud.
Pourquoi je vous explique ça ?
Parce que notre environnement nous détermine et nous ne nous rendons pas toujours compte à quel point il nous détermine.
J’ai déjà évoqué le fait d’être entouré des personnes qui se plaignent, qui gémissent, qui critiquent… Les critiques sont souvent assez faciles.
On a parfois l’impression qu’on est plus fort que ça, qu’on ne va pas subir ce type d’attitude et que ça ne nous effleure même pas.
Bien au contraire, ça vous détermine beaucoup plus que vous ne l’imaginez.
Et quand vous êtes dans un environnement, comme moi dans mon bain, depuis le début, vous ne vous rendez même plus compte à quel point l’eau est bouillante.
Vous ne vous rendez plus compte à quel point l’environnement est négatif pour vous.
Ça m’est arrivé malheureusement comme prof. Je me souviens, je ne dirais pas dans quelle ville, lors d’une classe.
Je donnais cours et puis je m’en vais pendant un exercice et quand je suis revenu dans la classe, ça puait le poney. C’était absolument une infection mais comme j’y étais, je ne m’étais pas rendu compte de l’odeur.
Le fait de sortir et de revenir m’avait fait prendre compte de cette situation et je me suis dit, une fois de plus : c’est étonnant comme, quand on est à distance des choses, on les comprend, on les voit beaucoup mieux et on agit avec bien plus de discernement.
Vous savez-quoi ? C’est exactement ce que font les aigles.

On prend de la hauteur, n’est-ce pas ?

Et on s’envole.

Merci beaucoup Fabian.